Au Maroc : des actions en faveur des enfants exploités

Au Maroc, notre partenaire l'AMESIP (Association Marocaine d'aide aux Enfants en Situation Précaire) prend en charge les enfants les plus démunis depuis 1996. L'association locale se bat notamment contre le travail des enfants au Maroc, où plus de 60 000 jeunes filles sont encore exploitées comme esclaves domestiques. Touraya Bouabid, Présidente de l'AMESIP, décrit les actions mises en oeuvre pour rediriger ces enfants dans le système scolaire.

Quels sont les actions de l'AMESIP pour venir en aide aux enfants exploités comme esclave domestique ?

Nous aidons ces enfants en mettant en place des actions en amont. Nous faisons de la prévention au sein des quartiers défavorisés, où les habitants sont en situation d’exclusion et nous les scolarisons alors dès la petite enfance. Les filles ne sont pas les seules concernées, il y a également beaucoup de petits garçons qui sont employés dans les maisons. L’état participe également à la lutte contre le travail précoce, nous avons également des enfants qui nous sont envoyés directement par le procureur du roi. Lorsque nous trouvons des nouveaux cas d’enfants domestiques en ville, nous faisons tout notre possible pour retirer cet enfant du monde du travail, notamment en travaillant avec la famille de l’enfant. Nous les contactons directement pour les sensibiliser, mais celles-ci ne collaborent pas toujours. Quant aux familles employeurs, celles-ci nous disent souvent que c’est la famille de l’enfant qui l’a envoyé, considérant que c’est une chance pour lui de pouvoir travailler. Notre rôle est alors de sensibiliser les familles qui les emploient en mettant l’accent sur la dangerosité pour eux d’employer un enfant domestique, qui se retrouve souvent seul au sein du foyer, et qui peut, par son jeune âge, provoquer des accidents ménagers.

" Lorsqu’il y aura plus de développement humain et économique au Maroc, les gens ne sacrifieront plus leurs enfants"

Depuis 2000, nous travaillons avec le gouvernement Marocain afin de mettre en place des bourses à destination des familles, pour que l’enfant puisse arrêter de travailler et qu’il puisse grandir et s’épanouir à l’école. Nous sensibilisons également les épiciers de quartier. En effet dans la coutume marocaine, la maitresse de maison envoie l’enfant domestique faire ses courses. Ils sont donc des interlocuteurs privilégiés pour atteindre l’enfant. Les citoyens marocains prennent de plus en plus conscience du problème, mais les conditions de vie font qu’ils considèrent qu’ils n’ont pas d’autres choix. Lorsqu’il y aura plus de développement humain et économique au Maroc, les gens ne sacrifieront plus leurs enfants. Nous sommes donc toujours en veille, et même si nous rencontrons de moins en moins de cas de jeunes domestiques, il y a encore des zones pourvoyeuses d’emploi pour ces enfants, notamment à Marrakech et à Touana, située sur la côté Ouest du Maroc. 

Combien d'enfants marocains sont aidées chaque année ? 

Actuellement, nous permettons à 280 enfants issus du préscolaire d’intégrer nos centres d’accueil où ils suivent une éducation non formelle, qui leur fournit les bases éducatives afin d’intégrer l’école. Au sein de ces centres d’accueil, où nous travaillons avec le Ministère de l’Education National, les enfants ont entre 8  et 16 ans. Nous leur faisons passer des examens tous les ans afin de réintégrer l’école. Le taux de réussite de 100% prouve la nécessité et l’envie pour ces enfants de retrouver le chemin de l’école. Une fois qu’ils ont intégré l’école, nous les accompagnons jusqu’au Brevet (30 enfants) et jusqu’au Bac, le but étant qu’ils aient le niveau éducatif pour intégrer une formation professionnelle. Les filles sont beaucoup plus nombreuses à obtenir leur Bac, on compte ainsi 7 filles pour 3 garçons. Au total, plus de 450 enfants bénéficient chaque année d’une éducation non formelle, c’est une étape cruciale pour maintenir les enfants dans un milieu scolaire et ainsi lutter contre le travail des enfants. Dans les milieux artisans ou mécaniciens, le travail précoce des enfants a quasiment disparu. Ces secteurs d’activité ont été grandement sensibilisés par l’association, en leur faisant comprendre que l’enfant doit suivre une formation pour trouver un métier et le maitriser. Il existe ainsi des cursus en apprentissage dans le monde l’artisanat. Les maitres d’apprentissage ont bien compris l’intérêt de ces formations, qui permettront aux futurs artisans de continuer à bâtir et à entretenir notre beau patrimoine, qui demandent une rigueur et des connaissances particulières.

Il faut savoir qu’au Maroc, l’école est obligatoire jusqu’à 15 ans, et le travail interdit avant 15 ans. Au niveau législatif, nous voyons bien que le cadre est déjà là pour empêcher le travail des enfants. Nous travaillons depuis des années avec le ministère de l’emploi pour améliorer les conditions de travail des domestiques. Aujourd’hui les lois sont présentes pour donner un cadre, cependant les mentalités et les individus aussi doivent changer pour faire bouger les choses.

 

 

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