"L’apprentissage du Français est essentiel pour trouver un travail à Madagascar"

Arnaud De Villeneuve était le Président des Enfants du Soleil de 2011 à décembre 2016, notre partenaire local à Madagascar, qui prend notamment en charge les enfants des rues et les femmes abandonnées. Suite au Sommet de la Francophonie, il nous livre son témoignage sur les actions de l'association et leurs attentes concernant ce rendez-vous planétaire.

Combien d’enfants bénéficient de votre aide à Madagascar ?

Je voudrais tout d’abord préciser que France Parrainages est le grand partenaire des Enfants du Soleil et permet à près de 200 enfants d’être parrainés et de bénéficier de notre accompagnement. Il me semblait important de le dire.  À Madagascar, 1800 enfants bénéficient en permanence de notre aide. La moitié de ces enfants se trouvent au sein de nos foyers et de nos Centres d’Aide au Travail. Les 900 enfants restant bénéficient quant à eux de repas gratuits durant toute la période scolaire.

Quelles sont les formations professionnelles proposées aux enfants ? 

Au niveau de l’éducation tout d’abord, nous permettons aux enfants, une fois sortis de la rue, de suivre des cours de remise à niveau, afin qu’ils puissent ensuite poursuivre une scolarité normale. Durant ces cours, ils bénéficient d’aide au devoir et de professeurs qui les accompagnent. Notre association met également l’accent sur l’apprentissage du français, avec des jours de classe où ils doivent uniquement s’exprimer dans la langue de Molière. Notre connaissance du contexte local nous a permis de comprendre que l’apprentissage du français est un élément essentiel pour trouver un travail à Madagascar.

Les élèves ne souhaitant pas poursuivre leurs études au-delà du baccalauréat se voient proposer une formation professionnelle, entièrement prise en charge par l’association. Cela leur permet d’accéder aux métiers de la construction, de la mécanique automobile, de la coiffure, de l’artisanat, de l’électricité, de la peinture et enfin de l’hôtellerie, un secteur qui, en raison du tourisme, offre beaucoup de débouchés professionnels à Madagascar.
Afin de maximiser les chances de ces enfants de trouver un emploi, nous leur permettons de suivre des cours d’auto-école et de passer le permis de conduire. Cela peut devenir un atout intéressant pour eux s’ils souhaitent à terme devenir chauffeur, ou s’ils travaillent dans le secteur de la mécanique automobile. En terme de formation professionnelle, nous gardons toujours en tête les débouchés possibles. Par exemple, nous avons financé un salon de coiffure et du matériel pour permettre aux élèves diplômés en formation de coiffure de se lancer dans la vie active.

Comment agissez-vous auprès des femmes abandonnées ?

L’association Enfants du Soleil se penche aussi sur le sort des femmes abandonnées dans la rue avec leurs enfants, amenées à se prostituer, mendier ou fouiller les poubelles pour survivre. Dans des Centres d’Aide par le Travail (CAT), elles trouvent, outre la nourriture et un toit, une formation professionnelle qui les aidera à trouver un emploi dans un atelier artisanal et reprendre ainsi une place digne dans la société. Nous leur proposons ainsi des formations en couture ou en vannerie, afin qu’elles puissent ensuite les commercialiser et devenir autonomes. Leur production est notamment vendue au sein de délégations régionales d'Enfants du Soleil en France.

Combien d’enfants pris en charge sont devenus autonomes ?

Aujourd’hui, 200 enfants parrainés sont devenus autonomes. Nous continuons à les suivre, en leur fournissant des vivres, une aide matérielle, et nous les rencontrons au moins une fois par mois. Cet accompagnement nous parait important pour nous assurer qu’ils soient bien insérés dans la société.  

Êtes-vous soutenu par les pouvoirs publics ?

Les pouvoirs publics nous soutiennent par le biais d’un accord reconnaissant Enfants du Soleil d’utilité publique à Madagascar. Cet accord est renouvelé tous les deux ans par le gouvernement, ils suivent la manière dont sont accompagnés les enfants, ils contrôlent nos installations et enfin ils interrogent les enfants parrainés pour savoir s’ils sont épanouis au sein de l’association.

Que pensez-vous du Sommet de la Francophonie ?

Pour l’association Enfants du Soleil, le déroulement du Sommet de la Francophonie à Madagascar a un impact positif pour deux raisons :

  • La langue française est essentielle pour pouvoir évoluer de manière professionnelle à Madagascar, il est donc important de la mettre en avant.
  • Le Sommet de la Francophonie a besoin de trouver des financements pour améliorer le rayonnement de la langue française et de ses valeurs à l’étranger et notamment à Madagascar. Suite à ce Sommet, des partenaires sont prêts à investir au sein de centres de formation. On peut donc dire que le Sommet de la Francophonie a été bénéfique.

 

Plus d'informations sur le parrainage d'un enfant à Madasgacar et sur nos formules de parrainage.
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