Soeur Myriam raconte le quotidien des enfants à Lima

Les équipes de France Parrainages ont reçu la visite de Sœur Myriam de la Congrégation des Sœurs Missionnaires de la Madre Laura, partenaire local de France Parrainages au Pérou. Durant sa courte visite, la responsable des programmes humanitaires à Lima s’est confiée sur son action envers les enfants défavorisés des bidonvilles de la capitale péruvienne.

Pouvez-vous nous expliquer dans quel contexte vivent les enfants parrainés ?

"On espère que la forte pression démographique amènera l’électricité et le gaz dans tous les quartiers de Lima, mais en attendant, les gens vivent dans des conditions très précaires"

Concernant la situation économique des enfants parrainés, cela dépend du quartier où ils vivent. Globalement, ils vivent mal, le raccord du gaz n’est pas automatique par exemple. Lorsque la Congrégation des Sœurs Missionnaires de la Madre Laura a débuté son partenariat avec France Parrainages, la situation sur place était terrible. En général, les habitants de Lima n’ont pas accès à l’eau potable ni à l’électricité, les autorités équipent les quartiers les uns après les autres dans le cadre du programme gouvernemental qui s’appelle « Un toit pour tous ». Les Liméniens qui participent à ce programme voient leur maison transformée, on leur construit un salon, une cuisine, une salle de bain et deux petites chambres. Cela reste tout de même quasiment des maisons en carton. Un ou deux enfants parrainés viennent de familles qui bénéficient de ce projet. On espère que la forte pression démographique amènera l’électricité et le gaz dans tous les quartiers de Lima, mais en attendant, les gens vivent dans des conditions très précaires. Il y a une grande disparité de développement à Lima, il y a des quartiers qui s’élèvent, se construisent, alors que des districts juxtaposés restent au point mort. Il faut également savoir que les habitants des bidonvilles doivent payer des impôts pour habiter au sein de ces logements. Avec toutes les taxes que ces personnes payent, l’endroit devrait être magnifique, mais évidemment ce n’est pas le cas.

Comment sont utilisés les dons sur place ? 

Le parrainage c’est aussi une aide morale et sociale, il y a beaucoup de cas où les dons n’aident pas seulement l’éducation, le parrainage aide aussi à payer l’électricité, l’eau et les besoins primaires. Pour ne citer qu’un exemple, nous étions confrontés au cas de deux jeunes filles dont la mère était très malade. Celles-ci étaient soutenues par le parrainage et avec l’accord du parrain et de France Parrainages, la famille a pu utiliser l’argent des deux petites filles pour soigner leur maman. À chaque fois que les dons nous parviennent, je convie les parents et leurs enfants pour qu’ils viennent chercher l’argent qui leur permettra de vivre. Lors de cette réunion, j’en profite pour vérifier avec eux l’utilisation qu’ils vont faire des dons.

Quelles actions mettez-vous en place pour soutenir la scolarité des enfants ? pour soutenir les parents ?

Pour faire le point sur la situation de chacun, j’organise des visites systématiques aux familles, je parle avec les parents, je me rends aux écoles et universités. Je m’occupe surtout de familles nombreuses qui ont de gros problèmes économiques. Je tiens toujours auprès des jeunes un discours qui les pousse à faire des études car c’est la meilleure manière d’avoir des revenus. En termes de soutien familial, nous essayons de mettre en place des réunions pour que les parents échangent et s’entraident. Ils font partie de différents groupes sociaux, l’objectif est ici de mélanger les enfants de Lima, entre ceux qui viennent des quartiers les plus nécessiteux et les autres. Certaines mères sont veuves et d’autres sont célibataires, pour elles la situation est vraiment difficile. 

Les enfants ont-ils été impactés par les inondations survenues en mars dernier ?

Le groupe que je dirige n’a pas souffert des inondations et paradoxalement lorsqu’ils ont entendu parler des attentats de Paris l’année dernière, les filleuls se sont beaucoup inquiété pour leur parrain et marraine. Les enfants étaient vraiment soulagés quand France Parrainages leur a indiqué qu’aucuns parrains n’étaient touché par les attentats. Dans leur contexte de vie, cela les fait rêver de savoir qu’il y a une personne au bout du monde qui leur vient en aide. C’est pour eux une motivation supplémentaire de faire des efforts à l’école.

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