Maison de filles au Pérou : "Le confinement a augmenté nos dépenses en nourriture"

Alors que le confinement se poursuit jusqu'au 30 juin 2020 au Pérou, les équipes locales d'Iquitos prennent toujours en charge de nombreux enfants vulnérables au sein de la Maison de filles. Aurélia, Directrice de l'établissement, témoigne sur la situation et sur ces conséquences sur le quotidien des jeunes filles prises en charge.

Le Pérou face à l’épidémie de coronavirus 

Parrainer une fille au Pérou"Je m’appelle Aurélia Féliciano Bonilla, je suis la Directrice de la Maison de filles située à Iquitos au Nord-Est du Pérou, près de la jungle péruvienne. Tout au long de l’année, les équipes de la Maison de filles d’Iquitos prennent en charge l’ensemble des besoins vitaux des enfants accueillis : hébergement, école, renforcement scolaire, repas, médicaments, vestiaires, fournitures personnelles et scolaires, soutien financier pour l’enseignement supérieur…Au Pérou, suite à l’épidémie de coronavirus, les écoles sont fermées depuis près de trois mois et le gouvernement vient d’annoncer qu’elles le resteront le reste de l’année jusqu’en décembre."

"Afin de lutter contre la propagation du coronavirus dans le pays, le gouvernement a pris des mesures de confinement de la population jusqu’au 30 juin 2020. Seules les ventes d’aliments et de biens de première nécessité, de médicaments et les services de collecte des ordures sont autorisés. Un couvre-feu est également en vigueur de 21h à 4h du matin dans l’ensemble du pays."

Une prise en charge renforcée des filles parrainées et aidées par l’association

"Depuis le début du confinement, je suis mes cours en ligne et l’enseignante présente au sein de la Maison de fille m’aide à faire mes devoirs. Parfois, je m’ennuie et je voudrais sortir, mais c’est mieux de rester à la maison parce que beaucoup de gens meurent dans ma région à cause de cette maladie." Ruth Palmira, 14 ans et prise en charge à Iquitos. 

association enfance vulnérable covid"À Iquitos, nous prenons en charge une cinquantaine de fille toute l’année, dont la moitié sont parrainées. Durant le confinement, celles-ci ont des cours en ligne et bénéficient de programmes pédagogiques à la télévision. Un professeur et deux personnes de notre équipe les aident pour les devoirs le soir. Dans notre Maison d’enfants, nous avons une aire de jeux dans laquelle les filles parrainées et soutenues par l’association peuvent faire du vélo et s’amuser !"
 
"La vie des filles que nous soutenons toute l’année a changé avec le confinement. Elles ne sortent pas de la Maison d’enfants, elles ne vont plus à l’école, elles ne rendent plus visite à leurs proches le week-end comme c’était le cas avant. Je suis la seule autorisée à sortir de la Maison d’enfants afin d’acheter des denrées de première nécessité pour les filles parrainées et notre équipe. Lors de l’une de ces sorties, j’ai malheureusement été infectée par le Covid 19. J’ai été isolée durant plusieurs semaines afin de ne pas contaminer les enfants, qui se portent tous très bien."

"Nous nous faisons désormais livrés nos denrées directement à la Maison d’enfants afin d’éviter d’autres contaminations. Afin de sensibiliser les filles prises en charge par l’association sur les dangers du coronavirus, nous leur rappelons très souvent l’importance des gestes barrières et des mesures de confinement." 

Le coronavirus entraîne un appauvrissement des familles péruviennes

"Sachant que les filles ne peuvent plus déjeuner à la cantine de l’école le midi, le confinement a augmenté nos dépenses en nourriture afin de leur assurer l’ensemble de leur repas quotidien. Depuis le début de l’épidémie, plusieurs entreprises ont fermé leurs portes, provoquant une vague de chômage dans le pays."

"À Iquitos, le coronavirus s’est propagé très rapidement et beaucoup de familles ont dépensé le peu qu’elles avaient en médicaments et prises en charge hospitalières, dont les coûts sont très élevés. De nombreux parents ont dû rester chez eux afin de pouvoir garder leur(s) enfant(s), et cela risque de continuer jusqu’à la réouverture des écoles l’année prochaine. Cela entraînera forcément plus de familles dans la précarité."

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