Rosella, marraine d'Ali, jeune migrant Afghan

Rossela, une architecte italienne vivant à Paris, parraine Ali depuis près de trois ans. Afin de mieux comprendre le parcours et les motivations d’un parrain de proximité, elle revient sur sa rencontre avec le jeune migrant, sur ses difficultés en tant que marraine et sur l’impact du parrainage dans sa vie.

Un engagement bénévole nécessaire pour les jeunes migrants isolés

Alors qu’elle animait un atelier au sein d’un foyer de l’Aide Sociale à l’Enfance, Rosella a fait la rencontre d’Ali, jeune migrant Afghan : « J’étais dans un foyer en tant que bénévole, il était situé dans le 19e arrondissement de Paris et il se trouve que ce foyer était celui où vivait Ali. Durant l’atelier, il y a eu une présentation de France Parrainages, c’est à ce moment que j’ai connu par hasard l’association et le parrainage de proximité. Ali est venu vers moi et on a parlé en Italien lors de la réunion d’échange ».

Après ces échanges avec Ali, qui avait déjà vécu une année en Italie, celle-ci a voulu aller plus loin et s’est engagée en tant que marraine de proximité. Elle nous parle de cet accompagnement bénévole qui revêt une importance toute particulière pour elle : « Il faut aider ces enfants étrangers lors de leur arrivée sur le territoire. En France– et je vois la différence par rapport à l’Italie- on s’occupe bien d’eux au sein des foyers. Mais toutes les personnes qui s’occupent d’eux sont payées. La grande différence, c’est d’avoir quelqu’un qui s’occupe d’eux et qui n’est pas motivé par le salaire. Le côté bénévole c’est important. C’est important qu’on s’occupe d’eux au-delà du salaire ».

Cependant le parrainage d’un jeune migrant se heurte parfois à certaines difficultés, notamment vis-à-vis des foyers ou des familles d’accueil de l’enfant : « Avec le foyer, ça s’est toujours bien passé. En revanche quand il était en famille d’accueil, ça a été plus compliqué. La famille d’accueil a été plus envahissante. Par exemple, il ne pouvait pas rentrer au-delà de 23h, du coup un soir il est venu dormir chez moi. »

Le parrainage de proximité, une ouverture culturelle

Rossela nous fait ensuite part de l’apport du parrainage dans sa vie, et précise les bénéfices qu’elle en a retiré : « Je pense avoir connu une nouvelle culture. Avoir pu aider un jeune en difficulté. Cela a été un échange culturel et c’est même devenu plus fertile à partir du moment où il est devenu majeur et qu’il a eu ses papiers. Je me suis rendue compte que dans certaines familles musulmanes il y a un changement du moment où l’enfant passe à l’âge adulte. Il se détache de sa mère. Ainsi, il a voulu assurer son rôle de protection envers moi. Dans son esprit, et de façon tout à fait généreuse, il essaye de me protéger, parce que je suis une femme, célibataire, et que je suis sa marraine. Il joue un peu au chef de famille »

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