« Je sais qu'ils ne m'auraient pas lâché » : après l'ASE, Nohan peut toujours compter sur ses parrains

​« Je sais qu'ils ne m'auraient pas lâché du jour au lendemain. J'aurais toujours eu un toit. Ce sont des gens sur qui je peux compter » : ces mots sont ceux de Nohan, aujourd’hui âgé de 20 ans. Il a rencontré Denis et Marie, ses parrains de cœur, alors qu’il vivait encore en foyer. Neuf ans plus tard, ils sont toujours présents dans sa vie. Au fil du temps, les week-ends, les vacances et les moments partagés ont laissé place à une relation de confiance durable. Soutien dans ses études, démarches administratives, choix d’orientation ou simplement certitude d’avoir des adultes vers qui se tourner : pour Nohan, ce lien a aussi compté lorsqu’il a fallu avancer vers la vie adulte. Découvrez son témoignage en vidéo.
©France Parrainages

Parrainer un enfant près de chez soi : un lien qui peut perdurer au-delà de l'Aide Sociale à l'Enfance

"Je m'appelle Nohan. J'ai rencontré le parrainage de proximité grâce à une demande que j'avais effectuée auprès de mon ancien foyer. J'avais demandé des gens qui soient là pour moi pour profiter un peu de temps en temps, rencontrer du monde et avoir un peu d'affection aussi. J'ai rencontré mes parrains, Denis et Marie, avec qui je passe tous mes week-ends depuis maintenant neuf ans. On passe les grandes vacances ensemble, généralement une à deux semaines, un peu partout, on voyage."

"Ils m'ont aussi aidé sur beaucoup de plans, que ce soit le plan administratif, scolaire où je sais que je peux me confier à ma marraine, vu qu'elle est enseignante. C'est un peu des personnes annexes et de confiance pour moi, qui n'ai pas forcément de famille proche. Là actuellement, pour ma formation, je sais que s'ils ne m'avaient pas aidé, je serais peut-être parti dans une autre formation, ça aurait peut-être été plus simple. J'ai préféré prendre plus dur et vraiment me concerter avec eux, parce que je savais qu'ils voulaient le meilleur pour moi, et puis j'appréciais ça pour le coup."

"Moi, je ne savais pas si j'arrêtais après le bac parce que je voulais faire de l'argent très vite. Ça parait bête, mais quand on est jeune et qu'on n'a pas de famille, forcément on veut se faire de l'argent pour pouvoir augmenter son pécule. Ils m'ont dit très clairement qu'avec un BTS, une licence ou un master, les possibilités d'évolution sont bien plus grandes, aussi bien en termes de salaire que de poste. Elle m'a dit que ce serait plus simple pour moi de progresser dans la vie et que, certes, ce serait plus dur au début pour le pécule , mais qu'elle était là et que même pour la formation, je peux lui demander des conseils sur certains points."

Le parrainage de proximité : des adultes de confiance qui restent présents

"Je sais que moi, si imaginons j'avais été lâché par l'Aide Sociale à l’Enfance, je sais que j'avais toujours, entre guillemets, un toit, parce qu'ils m'avaient déjà proposé d'aller chez eux si j'avais des petits problèmes. Je sais qu'ils ne m'auraient pas lâché du jour au lendemain. J'aurais toujours eu un toit. Je sais que ce sont des gens sur qui je peux compter. Je sais qu'ils ne m'auraient pas lâché, sûr à 100 %, ils auraient toujours été là. Je leur en suis reconnaissant."

Le parrainage de proximité : un soutien qui compte après la sortie de l’ASE

Pour Nohan, la force du parrainage de proximité tient aussi à cette continuité. La relation créée avec Denis et Marie ne s'est pas arrêtée à sa majorité : elle s'est poursuivie au moment où il devait construire son avenir. Ce soutien bénévole et durable peut prendre une importance particulière pour un jeune qui ne dispose pas toujours d'un entourage familial sur lequel s'appuyer.

Les résultats de notre dernière étude d'impact montrent combien cette stabilité peut compter pour les jeunes parrainés et confiés à l'ASE. Tout comme Nohan, 79% des enfants parrainés déclarent avoir rencontré des personnes qui les font se sentir aimés et leur témoignent de l'affection, dans le cadre du parrainage, et 81% des jeunes ayant été parrainés estiment que le parrainage leur a donné envie d'aller plus loin dans leurs études

Le parrainage ne remplace pas l'accompagnement des professionnels de l'Aide sociale à l'enfance. Il apporte une autre forme de soutien : une relation plus personnelle, bénévole et durable, qui peut continuer bien après la sortie des dispositifs institutionnels. Neuf ans après leur rencontre, Denis et Marie font toujours partie de la vie de Nohan. Et lorsque ce dernier pense à l'avenir, une certitude demeure : il sait qu'il pourra toujours compter sur ses parrains.

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