Confinement, crise sanitaire : Quelle attitude avoir avec les enfants ?

La deuxième vague de l’épidémie de Covid-19 que nous vivons actuellement peut provoquer des sentiments d’angoisse et des interrogations multiples chez les enfants mais aussi chez les adultes. Culpabilisation, sentiment de solitude, incompréhension des mesures sanitaires, toutes ces émotions doivent être prises en compte et faire l’objet d’un échange entre adultes et enfants. Nelly Tanvert, Directrice départementale de l’antenne d’Ille-et-Vilaine, est en contact quotidien avec des enfants parrainés, des parents et des parrains durant cette période. Celle-ci vous apporte quelques éléments de réponse pour gérer au mieux les sentiments de chacun liés à cette crise.

Favoriser l’échange avec l’enfant autour de la Covid-19

"Échanger avec un enfant, c’est avant tout s’intéresser à lui, être à l’écoute et attentionné en le voyant vivre chaque jour : "Comment s’est passée ta journée ?" "Est-ce que tu as envie d’en parler ?". Finalement, rien de plus que tout ce qui est déjà constructif pour l’enfant tout au long de l’année : ne pas forcément devancer ses questions, être à l’écoute et observer s’il fait lui-même des remarques, s’il fait part de frustrations, d’agacement, ou bien de joie." 

"L’enfant peut avoir des remarques sur le changement de son quotidien depuis l’arrivée de la Covid-19 : "Pourquoi je ne mange pas à la cantine ? Pourquoi je ne peux plus aller chez mes copains ?" "Porter le masque, c’est rigolo/c’est embêtant". Au lieu de lui donner directement une réponse, on peut répondre à l’enfant par une question pour savoir ce qu’il a compris lui, ce qu’il a imaginé du sens de ces nouvelles règles ou de ces changements. Puis il est important d’ajuster, en le valorisant, et en lui disant : "et bien tu vois tu as compris ! ".

 

Confinement : Accueillir les émotions de l’enfant, mais aussi des adultes

"En réalité, les enfants s’adaptent souvent mieux aux évènements que les adultes. C’est la raison pour laquelle, parents, parrains, adultes en général, nous devons nous interroger sur nous-même, sur comment vivons-nous la situation. Si nous avons de la difficulté à prendre du recul, l’enfant peut ressentir notre propre angoisse. C’est pourquoi nous devons aussi veiller les uns sur les autres entre adultes et parler d’autre chose, car la Covid-19 prend déjà beaucoup de place dans le quotidien. Si l’on veut aider un adulte (parent, parrain) dans ce qu’il transmet à l’enfant, il est important d’aborder avec lui les petits riens du quotidien : les petits plaisirs, les petites joies, ce qui rassure…" 

Une fille bénéficiant d'un soutien affectif et éducatif dans le cadre du parrainage de proximité"On peut aussi accueillir ce qui fait peur, mais sans se focaliser sur cela. Les adultes angoissés sont plus en difficulté pour entendre la parole de l’enfant, il faut absolument décentrer sur le fait que la vie continue, on peut toujours continuer certaines  de nos activités : apprécier une musique, un coucher de soleil, ou encore s’émerveiller d’un enfant qui apprend à lire. L’angoisse dû au virus peut aussi venir du fait qu’être tous les jours devant les écrans et notamment devant les actualités vient nourrir notre pensée angoissante, elle l’alimente et la fait grandir. C’est pourquoi tout partage, échange avec d’autres personnes, même en visio, nécessite de parler de ce qui fait du bien, le sens de la vie. Ce qui peut peser particulièrement dans cette période, c’est le manque de lien social, le risque de repli sur soi, d’isolement. En effet, les relations sociales sont essentielles à la santé de chacun."

"Sur la question de la culpabilisation des enfants vis-à-vis de l’épidémie et notamment la réouverture des écoles, on peut leur expliquer que les adultes cherchent des solutions mais peuvent se tromper. La situation est nouvelle pour tous, nous sommes donc comme les enfants. On peut expliquer à un enfant que l’on a remarqué que retourner à l’école est essentiel, même lors d’une pandémie, et que de nombreux enfants ne pouvaient plus continuer leur apprentissage durant le premier confinement. On peut aussi expliquer les différences entre la première vague et la deuxième, le port du masque par exemple, qui permet de mieux protéger les enfants à l’école."

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