Sandra, marraine à Madagascar : un engagement en famille en faveur des enfants démunis

Comment devient-on marraine d’un enfant à l’international ? Qu’est-ce que cela change, concrètement, dans une vie… et dans celle de son filleul ? Depuis 2023, Sandra s’est engagée dans le parrainage à l’international avec France Parrainages. À travers son témoignage, elle raconte la naissance de ce lien unique avec Marie-Élysa, une petite fille vivant à Madagascar, et partage ce que cette relation a transformé...
©France Parrainages

Comment Sandra a découvert le parrainage international

« Je m'appelle Sandra. J'ai connu France Parrainages par une amie qui travaille dans l'association et qui m'a donné envie de la rejoindre. Quand elle a fait ses voyages sur place en nous expliquant tout ce à quoi servait l'argent pour le parrainage, ça nous a donné envie. »

« Je suis la marraine de Marie-Élysa depuis 2023, donc ça fait trois ans. Marie-Élysa, c'est une petite fille qui habite à Madagascar. Elle avait neuf ans quand on a commencé à la parrainer, maintenant elle a onze ans, elle est en cinquième. Elle a un petit frère et une grande sœur, elle vit avec ses parents qui sont agriculteurs si j’ai bien compris. »

« Elle se rend à l'école tous les jours, elle fait partie d'une famille avec des revenus très très modestes. Je pense qu'ils auraient privilégié qu'elle travaille avec eux aux champs éventuellement plutôt que d'aller à l'école si elle n'avait pas fait partie de France Parrainages. »

« Alors de ce qu’elle nous a décrit, elle vit dans une petite maison avec sa famille. Elle nous parle beaucoup du temps qu’il fait, de la pluie, de la chaleur. On sent que chez eux, ça a toute son importance. »

Parrainer un enfant à Madagascar : une évidence pour Sandra

« Pourquoi on a choisi Madagascar : on voulait un pays francophone, tout simplement parce que l'idée première, c'était aussi que nos enfants puissent écrire des lettres. Donc on s’est dit c’est plus sympa s’il n’y a pas d’intermédiaire de traduction. On nous a proposé Madagascar et on s'est dit plutôt un pays où on pourrait peut-être aller un jour en voyage. »

« On a choisi de parrainer un enfant et sa communauté parce que c'était plus complet dans ce qu’on désirait que si juste on faisait un enfant tout seul ça avait moins de sens que si on pouvait aider aussi ses copains. L’idée c’était de faire un geste plus global. On faisait déjà des dons à des associations en France, pour la recherche contre le cancer notamment, mais là c’était l’idée qu’il y ait un lien avec une personne spécifique. »

« C’est surtout quand nos filles ont commencé à grandir qu’on a voulu les ouvrir au reste du monde.C’est d’être sûr que ces enfants vont pouvoir aller à l’école grâce à nos dons et peut-être avoir de meilleures conditions de vie. Les besoins vitaux comme la santé et l’alimentation sont essentiels, mais l’éducation l’est aussi parce que c’est ce qui leur permettra de changer leur condition de vie et de sortir d’un milieu très précaire. »

Le parrainage d’un enfant : une expérience vécue en famille

« J’ai une petite fille qui a quatre ans et demi, elle est contente quand il y a une lettre qui arrive, mais c’est surtout la plus grande, qui a sept ans, qui a commencé à écrire à Marie-Élysa et qui est très demandeuse de savoir quelles sont les conditions de vie là-bas. En plus ils ont un projet en ce moment à l’école ou justement c’est l’école à travers le monde où on voit des enfants faire des kilomètres pour aller à l’école. »

« Dans une des lettres qu’on a reçues, on nous expliquait que certains enfants faisaient des kilomètres tous les jours pour pouvoir venir à l’école et qu’il y avait un projet d’ouvrir un centre pour qu’ils puissent dormir sur place. Ma fille a réussi à faire le lien avec ce qu’elle avait vu à l’école. Le soutien qu’on peut apporter à Marie-Élysa, notamment pour les fournitures scolaires, lui fait plaisir. Les lettres qu’on a reçues en début d’année disaient qu’elle avait pu avoir plein de jolis stylos, plein de cahiers. Elle nous a parlé d’un cartable aussi. »

« Dans une lettre, elle nous remerciait et nous expliquait à quoi avait servi le cadeau. Elle disait qu’elle avait acheté un cartable, des bonbons et du chocolat pour toute la famille. Elle a fait un petit dessin. On peut imaginer ce qu’il représente. Dans une autre lettre, elle a dessiné une petite maison avec des cœurs, avec un message écrit à la main : joyeux Noël et bonne année. »

« On se rend compte que toutes les petites filles, qu’elles soient à Madagascar ou en France, ont les mêmes envies : des jolis stylos, des barrettes, des bonbons et du chocolat, et elle précise toujours que c’est pour toute sa famille. »

« On lui offre tous les ans des cadeaux à Noël. C’est important parce que Noël est une fête qui a autant d’importance en France qu’à Madagascar. On aurait aimé lui envoyer un cadeau nous-mêmes, mais on nous a expliqué qu’il risquait de ne jamais arriver, donc on indique plutôt ce qu’on aimerait offrir avec l’argent. »

Créer du lien avec son filleul : l’importance des lettres dans le parrainage international

« Quand on reçoit une lettre, on est très contents. On ne les ouvre pas tant que les filles ne sont pas là, c’est un moment qu’on partage ensemble pour découvrir la lettre de Marie-Élysa. Il y a aussi des courriers qui décrivent ses conditions de vie, rédigés par la personne qui s’occupe d’elle. On y apprend qu’elle a accès à l’eau potable, qu’elle vit avec son frère, sa sœur et ses parents dans un habitat vétuste en zone rurale, et que pendant son temps libre elle aide sa mère à faire la lessive. »

« J’aime bien recevoir ces lettres parce qu’elles donnent plus de détails sur sa situation. Les lettres qu’on reçoit permettent vraiment de créer un lien. Si on n’avait que des nouvelles sans ce contact, ce ne serait pas pareil. La lettre manuscrite avec un dessin rend l’échange plus concret. Au début, c’est mon mari et moi qui écrivions. La dernière lettre a été écrite par ma fille Iris avec ses mots d’enfant. Elle raconte son quotidien, comme Marie-Élysa : le temps qu’il fait, ce qu’elle vit sur le moment. Les enfants ont plus de facilité à écrire que les adultes. »

« On ajoute souvent des dessins et des photos. Le fait de pouvoir scanner des lettres manuscrites et les envoyer permettrait d’améliorer les délais et de rendre les échanges plus fluides, tout en gardant le format manuscrit. »

Parrainage international et ouverture au monde : transmettre des valeurs à ses enfants

« C’est très important pour mon mari et pour moi d’ouvrir nos filles aux conditions de vie dans le reste du monde, parce qu’ici on est très privilégiés. On insiste toujours sur le fait que ce sont des enfants heureux, même s’ils ont une vie différente. Ils ont besoin d’un coup de pouce financier, notamment pour la santé et pour avoir accès à l’éducation. »

« Cette expérience apporte une ouverture sur le monde. On est contents de dire qu’on parraine une petite fille à Madagascar, et la plus grande nous demande souvent si on ira la voir un jour.
C’est une satisfaction d’aider quelqu’un. J’espère que cette relation va durer dans le temps, qu’on pourra continuer à écrire longtemps et que mes deux filles prendront le relais dans les échanges avec Marie-Élysa. »

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